et c'est ce cadavre encore chaud que Antonin et Etienne observent méticuleusement pour y déceler un soubresaut, un spasme, un léger souffle, bref, un signe de vie...
Au programme cette semaine: de chouettes clonages de cinéastes
Natali clone Cronenberg
Avec Splice, ce petit malin de Vincenzo
Natali revient avec un film encore une fois lourdement référencé
certes (Cronenberg R.I.P) mais qui, cette fois ci, l'emporte en
faisant preuve d'humilité par rapport à son sujet et ses
ramifications philosophiques.
Comme d'habitude le sujet est
complètement invraisemblable (Œdipe est il soluble dans le clonage
génétique?) mais il le traite avec une belle économie de série B
généreuse à souhait qui ménage parfois même, une vraie inquiétude.
Quand Natali lâche son bouquin de philo pour les nuls, c'est plutôt
pas mal...
Amalric clone Cassavettes et Cie
Encore une histoire d'ADN dans Tournée où Amalric tente de greffer des corps purement U.S. sur un
territoire géographique comme cinématographique purement français.
Beau geste de Cinéma d'être aller chercher de l'altérité chez ces
artistes U.S. de New Burlesque, de marier la légèreté et le spectaculaire des shows avec la lourdeur d'un passé que l'on cherche à fuir
et de fondre le tout dans un
film de troupe en voyage plein de déviations, pauses, et sursauts d'énergie...
Au Cinéma est mort on est d'accord :
le geste de Cinéma est louable et rafraichissant, mais pour l'un son
exécution laisse à désirer...
Fin de saison pour nous...Il faut croire que l'on était peu fatigués car on a tout simplement oublié de passer une pause musicale concoctée pour l'émission et que l'on aime tellement qu'on se rattrape en vous la passant ici:
Au programme cette semaine: Onanisme et consanguinité
Un putain de film!
Alliant la justesse de Pialat,
l'énergie d'un Cassavettes, la fureur d'un Fuller et la
hauteur de
vue d'un Kubrick, Eczéma d'Étienne Cadoret s'apprête
à envahir le
monde. Première étape: le 3 juillet 2010 à 11h au Cinéma Arvor.
Ceux qui se rendront à cette séance pourront se vanter plus tard
d'avoir assisté à la naissance d'un auteur qui ne manquera pas
d'occuper une place de choix dans le Cinéma à venir...
La ruralité encartée
Les Petits ruisseaux est également une
première fois pour Pascal Rabaté, par souci d'équité avec Eczéma on en a regardé seulement les 20 premières minutes, et c'était quand
même un peu moins bien...
Au programme cette semaine: Des champs de bataille et des champs de blé
The A-Team
L'Agence tous risques de Joe
Carnahan hésite probablement trop entre un ton Badaas et une
solennité premier degré un peu hors sujet compte tenu de la pauvreté du
matériel
original, mais ne boudons pas notre plaisir, en ce moment c'est ça
ou La Tête en
Friche....
Days of Heaven
Petit exercice d'admiration envers
l'immense cinéaste Terrence Malick, à l'occasion de la réédition
en copie restaurée de son deuxième film, à savoir le somptueux Les
Moissons du Ciel, probablement l'un des films les plus
visuellement
impressionnants jamais tournés...
Au programme cette semaine: 10 ans de Cinéma et un petit juif
Neurasthénie
A Rennes il aura fallu attendre un mois
avant de pouvoir découvrir Greenberg de Noah Baumbach en salle.
Comme on est plutôt fan de Les Berkman se séparent,
autant dire que ce délai aura alimenté chez nous une douleur toute
provinciale, mais cela aura aussi eu pour effet de générer une attente trop forte qui aura un
peu entaché notre rapport au film qui reste une petite chose tout à
fait digne, mais une toute petite chose quand même...
Mutation(s)
Superbe initiative de la part de
l'équipe des Fiches du Cinéma d'avoir compilé les articles et
entretiens issus des 10 dernières éditions de leur revue annuelle.
C'est donc à une sorte de portrait kaléidoscopique du cinéma de la
première décennie du XXIème siècle que Chronique d'une mutation nous convie, et ce, à travers une évocation précise et dialectique
des enjeux, économiques, politiques, artistiques, structurels et
esthétiques, l'ayant traversés.
Travail précieux, car il permet de se
rendre compte que, loin d'être une décennie comme les autres, les
années 2000-2010 ont été le théâtre de profonds changements dans
tous les domaines du Cinéma. (développement du numérique, concentration de
l'exploitation, désengagement de Canal + et crise de financement du cinéma d'auteur, réinvestissement
du cinéma de genre, mutation des pratiques cinéphiles, etc...)
La somme est passionnante. Au casting:
des cinéastes comme Bertrand Bonello, Guillermo Del Toro, Agnès
Varda, Arnaud Desplechin ou Brian DePalma, des critiques: Jean-Baptiste Thoret, Michel
Ciment, Jean-Michel Frodon, ou Philippe
Rouyer, mais aussi des producteurs, distributeurs, exploitants...
Ca commence à devenir inquiétant, cette semaine encore l'actualité des sorties en salle est désespérante...Qu'importe! c'est une occasion en or pour s'étendre une fois de plus sur un cinéaste qui nous tient à coeur...cette semaine: Paul Verhoeven
Ce cinéaste, dont le dernier film date de 2006, n'est pourtant pas totalement sans actualité puisque l'éditeur Rouge Profond lui a dernièrement consacré un ouvrage sous la plume de Nathan Réa. Une bonne nouvelle compte tenu du peu de considération, voir du mépris dont il est parfois la victime.
Autant dire que malgré les lumières du livre, explorer l'oeuvre déjà fournie d'un cinéaste tel que Verhoeven sur une heure de temps était un programme dont l'ambition nous est apparue un peu tard. Quoi qu'il en soit, bonne écoute!